Photo de la série "Dynastie du manque - portraits sous tension" de l’artiste Petrus Von Tricht exposé à la Galerie Amarrage dans l’exposition "Les 7 familles dysfonctionnelles"

Dynastie du manque : portraits sous tension

Photo de la série "Dynastie du manque - portraits sous tension" de l’artiste Petrus Von Tricht exposé à la Galerie Amarrage dans l’exposition "Les 7 familles dysfonctionnelles"

Avec la série « Dynastie du manque : portraits sous tension », Petrus Von Tricht explore à la fois le roman familial et le théâtre du manque, composant une série où le portrait devient symptôme, parade et bricolage poétique. L’alignement des figures, du père à la mère en passant par le grand-père, la grand-mère et les enfants, joue sur l’ambivalence du souvenir : fait de fragments biographiques, de fantasmes intimes et d’emprunts iconiques, il dévoile une généalogie où le réel et la fiction se contaminent.

Portés par une gamme chromatique chaleureuse et contrastée — rouges, oranges, ocres — et des dessins simplifiés, les visages rappellent le geste de Margaret Kilgallen : ici, l’économie formelle, la frontalité graphique et l’absence d’artifice technique rendent à la famille sa force de communauté fragile et sa capacité à incorporer les imperfections, à la manière des folk paintings et du vernaculaire urbain célébrés par Kilgallen. Petrus Von Tricht compose un univers où chaque portrait s’impose comme emblème, oscillant entre tendresse et mélancolie, refusant l’idéalisation pour mieux exposer la faille et la puissance expressive du manque dans la transmission familiale.

L’artiste met en scène un jeu cruel de ressemblances et d’absences : le père et la mère captés dans leur gravité familière, le grand-père ressuscité en hommage aux figures Picasso et marinière, la grand-mère reconstituée à partir d’un vieux portrait, tous sont les héros tragiques d’une histoire qui se dérobe. À travers ce dispositif, Von Tricht fait écho à la pensée de Freud sur le roman familial et rejoint la veine d’artistes contemporains comme Sophie Calle ou Christian Boltanski, où la mémoire s’élabore, se trahit et se réinvente à mesure qu’elle s’expose.

Loin de proposer une famille archétypale, la série « Dynastie du manque – portraits sous tension » préfère la mythologie intime, la parade du symptôme et le trouble. On ne guérit jamais vraiment de sa famille : on la joue, on la transforme, on la regarde dans la lumière crue des souvenirs et de l’imagination. En dialoguant avec la littérature de Proust et l’art sériel de Gerhard Richter, Von Tricht invite chacun à reconnaître la part inventive du souvenir et l’impossible cohérence du récit familial, et à célébrer, comme Kilgallen, la beauté simple et imparfaite de l’humain.

Cette série est exposée à la Galerie Amarrage jusqu’à janvier 2025 dans l’exposition collective Les 7 familles dysfonctionnelles avec les artistes Bonne Chance Rapido, Kova, Fatmat, Charles Bayonne, Alexandre Delacroix et Mulk.

Sigmund Von Sharpp

Paris, novembre 2025

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Helmut Von Kash